Depuis l’arrivée des étudiants vendéens, Ali et Ava, dignes héritières de la grande famille californienne Belushi, ne voient pas d’un très bon œil l’apparition de ces Nuisible(s), à la dégaine de fils de plouc dans leur belle ville de Palo Alto. Elles ne leur accordent pas la moindre attention, concentrées sur leur  discussion.

“ – Tiens Ali, je peux t’accompagner au vernissage de Lorenzo Mattotti ce soir ? J’ai cru comprendre que tu t’y rendais.
–  Avec plaisir ! D’ailleurs, il paraît qu’il a habité pendant quelques années à Ostuni. J’avais adoré me promener Dans la ville blanche avec les parents l’été dernier, c’était vraiment beau.
– Tu as raison, on se serait cru en Grèce, dommage que ce soit devenu une destination si Mainstream.

Seulement c’est sans compter sur le groupe d’étrangers qui sont bien décidés à les accoster. Dans un anglais clairement approximatif. 

– Hello Girls ! We are your new friends ! Mido, kiko et compagnie !! We are so cool, like The Blues Brothers ! You know them ?! 

Les filles, disons-le, plutôt contrariées de voir arriver ces petits frenchies sans aucune manière, ne peuvent s’empêcher de les remballer sèchement.

T’es qui toi ?

Mido, pas mécontent de s’être fait comprendre puis répondre en français, saute sur l’occasion pour noyer les jeunes filles d’informations.

– Moi c’est Mido ! Je suis le fils du professeur Bulado ! Lui là-bas ! 

Ali et Ava ne prennent bien entendu pas la peine de regarder dans la direction indiquée, consternées par l’attitude du petit groupe qui continue de déblatérer dans le vide après s’être pourtant fait rembarrer en règle.

– Ensuite on a Kiko, il a une collection d’Albatros juste amazing ! On l’appelle souvent The duke of bird par chez nous et enfin notre fameux Pierrot le fou, cancre notoire et pitre de service ! 

– Lui, c’est les avertissements de discipline qu’il collectionne ! 

Pour mettre fin à ce carnage, Ava décide d’intervenir, voyant que l’indifférence n’a pas l’air de les affecter outre mesure.

– Désolé de devoir vous le dire, mais très franchement nous n’en avons Rien à foutre. Bien que d’après nos professeurs cet échange nous apporterait Une vision de la Vendée pastorale d’antan qui regorge d’après eux de Mille et une diversité. Cela nous indiffère complètement. Donc vous pouvez de ce pas faire demi-tour et retourner avec Le Peuple loup qui vous accompagne. Et avant que j’oublie, faites une croix sur une quelconque amitié entre nous. Ça ne serait que vous faire du mal de vous raccrocher à de telles Illusions perdues.

Satisfaite de son laïus, Ava se retourne vers sa sœur et toutes deux commencent à s’éloigner quand des rires tonitruants se font entendre derrière elles. Avec stupéfaction, elles découvrent le groupe de vendéens hilare. 

– Oh mais vous les avez vues avec leur regard noir ! C’était carrément the Dark Rivers, là !

– Non mais c’est excellent ! L’autre, on aurait dit la reine d’Angleterre avec ses airs guindés

– Elles ont vraiment cru qu’on allait être amis avec des pestes comme elles ! C’est la meilleure ! On peut dire merci à ton père Mido ! Esprit de camaraderie, mon œil !

– Les profs quoi ! ils étaient là à dire “les enfants” avec leur voix graves, “vous savez comme c’est important de faire bonne impression et de se présenter convenablement.”

– Pour ce que ça donne en retour !  Vous ne m’y reprendrez plus  ! Plutôt manger The Arbor comme diraient les gens d’ici ! 

– Ouh là ! Ça ne te réussit pas l’Amérique mon vieux !”

Sur ces bonnes paroles, le groupe d’amis abandonne les jeunes héritières rouges de colère et éberluées pour retourner vers leur classe, laissant dans leur sillage l’écho de leurs moqueries.

 

Jody Filiol, Coline Frechet

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