Ce 14 octobre, nous avons vu Knocking présenté en avant première française au Concorde, à l’occasion du Festival International du Film de La Roche-sur-Yon. Nous avons suivi l’histoire de Molly (incarnée par Cecilia Milocco), une jeune femme qui sort tout juste d’un hôpital psychiatrique à la suite d’un évènement traumatique. Alors qu’elle s’installe dans un immeuble miteux, et tente de retrouver sa vie d’avant, Molly est régulièrement dérangée par des cognements provenant du plafond. Intriguée, elle interroge ses voisins sur l’origine de ces bruits, mais personne ne semble les entendre. De plus en plus insistants, les cognements l’obsèdent et mettent ses nerfs à rude épreuve. Persuadée qu’il s’agit de violences conjugales, elle tente d’alerter les voisins et la police. Cependant personne ne la croit à cause de son précédent séjour en hôpital psychiatrique.

(Crédit vidéo : Youtube)

C’est un thriller oppressant qui se joue presque en huit clos. La luminosité basse et la colorimétrie froide renforcent l’atmosphère pesante déjà installée par la bande originale du film, composée par le designer sonore et musicien danois Martin Dirkov. Certaines scènes sont filmées à la manière de Le Projet Blair Witch, appuyant encore plus l’aspect angoissant du film.

Le film est inspiré d’une nouvelle du même titre que la réalisatrice Frida Kempff a découvert au début du mouvement « Me too ». Elle explique, dans le dossier de presse, avoir immédiatement ressenti une connexion avec le personnage de Molly dont la parole n’est pas prise au sérieux notamment à cause de son passé. La réalisatrice fait le parallèle avec les jugements que subissent les femmes dans nos sociétés et la difficulté de parler des violences qu’elles subissent. Elle dénonce également les préjugés sur les maladies psychiatriques. Frida Kempff pointe le décalage entre la société suédoise individualiste et indifférente et Molly qui s’inquiète pour la voisine supposée victime de violences.

Knocking nous offre un nouveau regard sur l’importance de l’écoute et de la prise en charge des témoins en mettant l’accent sur leur rôle central (le personnage de Molly) plutôt que sur la figure habituelle de la victime de violences.

Le film sera une nouvelle fois projeté ce 15 octobre à 14 heures au Concorde.

Marie Doisneau, Lola Deshayes

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