“Je ne vous félicite pas de m’avoir fait souffrir ce soir.” Ce sont les premiers mots d’une spectatrice à l’issue d’En attendant Bojangles, face au visage désolé et souriant de Régis Roinsard.

Après Populaire sorti en 2012, et Les traducteurs en 2019, Régis Roinsard (réalisateur) revient avec un troisième long métrage : En attendant Bojangles, tiré du livre d’Olivier Bourdeaut. Projeté dans les salles à partir du 5 janvier 2022, nous avons eu la chance de le découvrir en avant-première ce mercredi 13 octobre en présence de Régis Roinsard. Après un tonnerre d’applaudissements accompagné des larmes des spectateurs, le réalisateur a raconté la naissance de ce film. Si ce sont ses amis qui l’ont incité à lire le roman d’Olivier Bourdeaut, c’est véritablement sa femme qui lui a fait sauter le pas de la réalisation du film. Régis Roinsard raconte :

 

“J’ai obligé ma femme à lire le livre dans les pires conditions possibles. Je lui ai dit ‘lis le livre d’une seule traite, lis le en un jour’, alors elle l’a lu en prenant le taxi, en prenant le métro. Le soir elle l’a fini alors que je regardais un film sur Arte. J’ai senti qu’elle a été aussi touchée que moi, quand j’ai lu le livre. Et elle m’a dit ‘Si tu ne fais pas ce film, je te quitte’.” C’est ainsi que débute l’aventure d’En attendant Bojangles.

Entre illusion et réalité

En attendant Bojangles raconte l’histoire de Georges, Camille et de leur enfant Gary, à la fin des années 60. Une petite famille dont le monde tourne autour de la fête et de l’illusion, jusqu’à ce que l’illusion devienne incontrôlable. Le film traite avec brillo de la frontière fine entre réalité et mensonge. Le film commence avec les mensonges saugrenus du père, et se poursuit avec les histoires farfelues qui s’avèrent parfois vraies du fils. Gary est probablement le personnage le plus touchant du film. S’il excelle dans l’invention de mensonges et histoires, le personnage est également d’une maturité admirable. L’illusion est exprimée au travers des dialogues des personnages, de la maladie de Camille, et même dans la nature de certaines scènes. Un spectateur retient celle du tango, qui lui semblait presque irréelle.

La découverte de Solan Machado-Graner

Si Virginie Efira et Romain Duris crèvent l’écran avec leurs interprétations phénoménales de Camille et Georges, la véritable révélation de ce film, c’est Solan Machado-Graner. Le jeune acteur incarne parfaitement un personnage touchant et attachant. Régis Roinsard explique le choix de l’acteur :

“Je voulais un acteur à l’image de Eliot dans le film E.T. Nous avons vu plus de mille enfants avant de trouver Solan. Et on l’a trouvé 3 semaines avant la fin de l’accord de la DAS, parce que travailler avec un enfant, c’est très compliqué. Il faut les accords de la DAS, un accompagnement psychologique, etc. Lors des essais, il nous a fait pleurer, c’était comme une évidence.”

Une évidence que nous validons, car Gary a sans doute été le personnage le plus émouvant du film.

Lola Deshayes

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