La programmation était tellement riche que l’on vous offre ce deuxième cadavre exquis !

En Californie précisément dans la ville blanche de Palo Alto, l’enfant et les voix graves se baladaient. En réalité l’enfant s’appelait Steve et les voix graves n’étaient autres que ses grandes sœurs Ali et Ava, mais dans cette ville personne ne s’appelait par son prénom, la tradition étant de donner des surnoms à chacun. Cette coutume datait de 1850 : à cette époque les prénoms n’étaient pas très variés et les parents donnaient le prénom de leur propre parent à leurs enfants pour leur rendre hommage. Par exemple, le prénom Pierre et toutes ses déclinaisons étaient très donnés, c’est d’ailleurs comme ça qu’est né le premier surnom. Un jour d’école en 1850, une maîtresse agacée par le comportement d’un de ses élèves lui dit “Pierre arrête de faire le fou où tu vas récupérer le bonnet d’âne !”. Ça y est, le surnom était né ! À la récréation suivante, tous les camarades de Pierre le surnommaient Pierrot le Fou. Le phénomène des surnoms était lancé : plus personne ne s’appelait par son prénom. Même les lieux avaient des surnoms, la rivière de la ville par exemple était baptisée “Dark River” en raison de sa couleur noire causée par la pollution. En bref, donner des surnoms était devenu une mode, c’était mainstream ! Revenons aux personnages principaux de cette histoire, l’enfant et les voix graves, Steve et ses sœurs avaient une grande bande d’amis. Dans cette bande d’amis figurait The Blues Brothers, leur vrai prénom étaient Dan et John, on les avait surnommés ainsi car ils portaient les mêmes prénoms que les acteurs principaux du film John Belushi et Dan Aykroyd. La bande qu’ils formaient tous ensemble avait elle aussi un surnom : le peuple loup. Ils se baladaient telle une meute sauvage et n’accordaient guère de sympathie à ceux qui n’en faisaient pas partie. Ce jour-là, alors qu’ils traversaient le quartier The Arbor, ils rencontrèrent la bande des fils de plouc composée de six garçons. À chaque fois que les deux bandes se croisaient, c’était la guerre !

Steve fut le premier à lancer les hostilités :

“Qu’est-ce que vous faites là, c’est pas votre quartier ! Rentrez chez vous !”

Mido, le chef de la bande rivale répliqua :

T’es qui toi ? T’es qui pour me parler comme ça ? J’en ai rien à foutre que ce soit votre quartier, moi et ma bande on va où on veut ! Dis-lui Bulado !

Bulado, un membre des fils de Plouc enchaîna :

“C’est clair, tu te prends pour qui à nous parler comme ça. Si on veut se balader dans ce quartier, on le fait! C’est pas toi avec ta tête d’albatros qui va nous donner des ordres!”

Ali soutînt Steve et répondit :

“ Visiblement votre chef se prend pour the duke, mais Mido je te rappelle juste que t’es personne!”

Tout le monde s’insultait, il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre ! Mais derrière le chaos deux personnes restaient muettes, l’air anéanties. Il s’agissait d’Ava du peuple loup et d’Éric de la bande des fils de plouc. Les deux jeunes s’aimaient en secret et rêvaient qu’un jour la rivalité s’éteigne entre les deux bandes. Après l’affrontement, on pouvait lire sur leur visage “illusions perdues”. Il n’y avait plus aucun espoir… Finalement, ils devraient continuer de vivre leur amour à l’abri des regards.

Emma Grimault

 

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