Frappé de plein fouet par la crise sanitaire, le monde du spectacle subit de lourdes conséquences, et le cinéma français n’y échappe pas. Entre confinement, émergence des plateformes de vidéos à la demande et grosses productions, le futur des salles obscures ainsi que des productions nationales est flou.

Une crise qui sape la santé du cinéma

Le 22 juin dernier, les salles de cinéma ont rouvert après trois mois de fermeture imposée due au confinement. Seulement, un problème apparaît. La pandémie a bouleversé toute l’économie mondiale du cinéma et même les grosses productions. Les blockbusters ne peuvent pas compenser le manque à gagner car ils ont tous été reportés, et c’est là où réside le problème. En effet, l’été est habituellement une époque florissante pour les salles de cinéma. C’est à cette période que les blockbusters étrangers et les comédie françaises – rassemblant les familles – sortent et remplissent les salles. Or, cet été, ces productions se comptaient sur les doigts d’une main avec Tenet en cavalier seul. Ce manque se traduit en chiffres, la fréquentation des salles obscures a chuté de 70 %, les films d’auteurs à moindre budget n’attirent pas les foules.

Les plateformes de SVoD toujours plus fortes

Alors que la fréquentation cinématographique s’écroule, les plateformes de vidéos à la demande sont les grandes gagnantes du confinement. Les salles de cinéma ont besoin de spectateurs dans leurs salles, ce qui n’est pas le cas de Netflix, Amazon Prime Vidéo, Disney+ ou encore la plateforme française MyCanal. Ces différents services proposent des prix relativement bas au vu d’un catalogue riche et actualisé fréquemment, et une dématérialisation complète de l’offre, leur permettant de fonctionner pendant le confinement. En mars, le nombre d’individus ayant regardé une plateforme de SVoD a augmenté de 24,6 % par rapport à l’année précédente sur la même période. Leur consommation augmente toujours plus et ne va sûrement pas cesser de croître à l’avenir aux États-Unis, ces dernier servant de laboratoires avant les lancements dans le monde entier. C’est le cas de deux services récents, Peacock et HBO Max. Ces deux plateformes apportent sans cesse de nouveaux contenus, comme le sport, (diffusion des Jeux Olympiques de Tokyo en 2021 seulement disponible sur Peacock aux Etats-Unis) dans un secteur où l’on pensait déjà que tout avait été fait.

De nouveaux entrants dans ce marché affaibliraient toujours plus le pouvoir des salles de cinéma du fait que tous les grands studios de production ont leur propre plateforme. Ils peuvent donc y ajouter leur propre production sans passer par le grand écran, ce qui peut rendre caduque certaines lois protégeant le cinéma français. En particulier la chronologie des médias (règle définissant l’ordre de diffusion dans lequel les différentes exploitations d’un film ou d’une série peuvent intervenir) qui empêche la désertion des salles de cinéma, les sites de vidéos à la demande devant attendre 3 ans avant de pouvoir le mettre sur leur catalogue. Dorénavant, les studios peuvent directement proposer des blockbusters sur leur plateformes, contournant cette loi et affaiblissant toujours plus les cinémas qui eux ne pourront pas profiter de l’exploitation du film. Alors que le cinéma français ne maîtrise plus son destin, un avenir flou se dresse face à lui.

Mathias DELAFONTAINE

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