Les élèves du projet tuteuré Pôle Littérature du Grand R, scène nationale, vous présente la sixième interview sur la double culture. Aujourd’hui, c’est Makka qui nous fait part de son vécu. Bon visionnage.

Je m’appelle Makka. Je suis née en Tchétchénie mais je suis arrivée en France quand j’avais 1 an.

Quelle est l’origine de tes parents ?

Ils sont d’origine tchéchène. C’est en Russie.

Vivent-ils dans leur pays ? Y retournent-ils ?

Ils vivent en France. On est déjà retourné en Tchétchénie ensemble.

Es tu déjà allé dans le pays de tes parents ?

Oui.

As-tu appris les deux langues ?

Oui, je parle les deux couramment.

As-tu l’impression d’appartenir plus à une culture qu’à une autre ?

Non, j’essaie de me mettre au milieu, mais c’est compliqué. Ce sont des cultures très opposées.

Est-ce que la double culture a eu une influence dans ton éducation à la maison ? Dans quelles mesures ?

Oui. Je ne me sens pas exactement tchétchène, mais je me sens pas non plus française.

Penses-tu que cette double culture est une force?

Oui, on n’est pas comme les autres, on est différents. Mais cela a aussi un impact pour parler avec les gens, on est moins sociables. Mais ça permet d’avoir des facilités en langue, on pense dans les deux langues. C’est donc plus facile d’apprendre une nouvelle langue.

Comment ça se passe socialement ?

Ca dépend des gens, mais généralement, on accepte pas trop ma différence.

Par exemple, quand j’étais petite, je ne pouvais pas traîner avec des garçons. Et du coup, les filles restaient avec les garçons. Une fois, on m’a dit “Ouais t’es lesbienne parce que tu ne traînes pas avec les gars.” Cela a été une mauvaise période. Quand on est en primaire, on a qu’une seule classe. Mais après, on apprend à connaître d’autres gens.

Concernant la transmission des valeurs culturelles, y a-t-il quelque chose que tu regrettes ?

Non, on m’a tout transmis. Par exemple, chez moi, je parle tchétchène parce que mes parents, ils parlent pas très bien français.

As-tu bien vécu cette double culture lors de ton enfance ?

Non.

Qu’est-ce qui a changé par rapport à aujourd’hui ?

Aujourd’hui, on peut choisir ses amis. Il y a plus de monde. Et j’ai rencontré aussi d’autres filles tchétchènes. Du coup, je trainais plus avec elles.

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