Les élèves du projet tuteuré Pôle Littérature du Grand R, scène nationale, vous présente la quatrième interview sur la double culture. Aujourd’hui, c’est Khalil Zerouali qui nous fait part de son vécu.

Quelle est l’origine de tes parents ?
Je m’appelle Khalil. Mon père est marocain et ma mère est française.

Vivent-ils dans leur pays ? Y retournent-ils ?
Mes parents vivent tous les deux en France, mais mon père y va de temps en temps, plusieurs semaines, pour voir la famille.

Es-tu déjà allé dans le pays de tes parents ?
La France oui, puisque j’y vis, et le Maroc j’y allais de mes 3 ans jusqu’à mes 5 ans , ensuite de mes 12 ans jusqu’à mes 17 ans, 1 fois par an à chaque fois, un mois minimum.

As-tu appris les deux langues ?
Quand j’étais plus petit j’était beaucoup plus à l’aise au niveau de l’arabe, et je pense que si j’avais vécu plus de temps avec mon père j’aurais eu un meilleur niveau. Mais certaines choses dans ma vie ont fait que j’ai perdu un petit peu de niveau de langue. Je la parle encore un peu mais c’est vraiment un niveau moyen, et comme cela fait 10 ans que je n’y suis pas aller, j’ai un niveau encore plus bas que d’habitude. Sinon je me débrouille quand je pars au Maroc, j’arrive à communiquer avec ma famille. Mais je ne la pratique pas ici en France, même avec mon père, on se parle en français.

As-tu l’impression d’appartenir plus a une culture qu’à une autre ?
On m’a souvent demandé si je préférais la France ou le Maroc, mais pour moi, cette question est simplement mal formulée. On pourrait très bien me demander ce que je pense de la France et du Maroc. J’aime bien les deux cultures, je suis attaché au deux, j’ai découvert des choses dans ces deux pays.

Est-ce que la double culture a eu une influence dans ton éducation à la maison ? Dans quelles mesures ?
Oui, bien sûr, avant j’étais très pratiquant, et ça m’a apporté une richesse je trouve. J’ai découvert d’autres choses et compris dans quel environnement j’ai été éduqué. Ma mère m’a toujours soutenue que je sois plus ou moins pratiquant, et aujourd’hui je suis plus croyant que pratiquant, c’est un choix personnel et elle me soutient toujours. L’avantage de ma double culture est que j’ai pu avoir le choix de la culture vers laquelle je souhaitais m’orienter. Il y a des choses que je garderais toute ma vie.

Penses-tu que cette double culture est une force ?
Carrément ! On me l’a toujours dit surtout ma mère, je suis de nature sociable, j’arrive a m’adapter a peu près partout. Dans ma famille par exemple, les deux côtés de chacun de mes parents sont différents mais je ne me suis jamais senti à l’écart au vue d’eux. Je pense qu’il y a des personnes dans la même situation qui ont vécu ça de manière différente, et qui ne se sont pas toujours senties intégrer dans un côté de leur famille.

Comment ça se passe socialement ?
Ça se passe bien. Avec les gens proche de moi je ne me suis jamais senti a l’écart. Même dans ma famille, peu importe les orientations politique de chaque famille, je n’ai jamais eu de problème avec ma famille, ils m’ont toujours apprécié.
Mais il y a une chose sur laquelle je tiens à revenir. J’ai déjà été plusieurs fois contrôlé sans raison, et souvent j’était le seul de mes amis à être fouillé, et je trouve ça dommage qu’on soit aujourd’hui contrôlé au faciès. Il ne sont pas tous comme ça heureusement, mais il y en a un bon morceau qui le sont.
À l’école et même dans le travail je n’ai jamais eu de problèmes.

Concernant la transmission des valeurs culturelles, y a-t-il quelque chose que tu regrettes ?
Je trouve ça dommage qu’on ne puisse pas avoir le choix de religion dès la naissance. Evidemment lorsque l’on naît on n’a pas la capacité de dire ce que l’on veut, mais je me demande comment les gens qui ont des parents moins ouvert d’esprit que les miens vivent le fait de vouloir se détacher de leur religion alors que leurs parents sont contre. Mais je pense que peu importe ce qu’on t’apprend, c’est toujours une force, que ce soit un langage, une histoire, une religion, …

As-tu bien vécu cette double culture lors de ton enfance ?
Oui, j’ai toujours été bien entouré, que ce soit quand j’habitais dans le Sud, en Bourgogne ou en Vendée. Je l’ai bien vécu, pourtant on m’avait dit qu’il y avait du racisme mais je ne l’ai jamais subi ici.

#D'autres articles ?
#Plus à ce propos ? #CULTURE
#Les commentaires sont clos