La compétition Nouvelles Vagues du Festival International du Film de La Roche-sur-Yon compte parmi les films participants les courts-métrages Gramercy, Grab them, Hard cracked the wind, Passage, O black hole ! et Corona voicemails : staying home. Aperçu.

Attention, cet article comprend quelques spoilers !!!

Retrouvez le résumé des courts-métrages sur le site du festival.

Gramercy

Le passage dans la vie d’un homme, entre questionnement sur ce qui lui arrive, entre noir et blanc et couleur, entre reflets sur l’eau et fumée de cigarette. Qu’est-il arrivé à cet homme qui semble perdu ? Que signifient ces t-shirts blancs ? A mesure que l’intrigue se développe, on comprend ici qu’il est question d’un deuil, d’une fuite et d’un retour en arrière impossible. Le personnage a perdu pied, et cherche à se retrouver dans ses racines.

Grab them

Une histoire bien singulière : celle de Sally, dont la vie s’écroule au fur et à mesure de l’ascension de Donald Trump.  Son mari ne peut plus la regarder, elle est l’objet de l’attention de la foule, et pourtant elle est seule, plus seule que jamais. Tourné à la manière d’un documentaire, ce court-métrage n’est pas dénué d’humour, notamment dans la scène de fin, qui s’immisce dans les rêves de Sally où Donald Trump est évidemment tourné en dérision. Le message de Sally vient clôturer le court-métrage : « Je voudrais dire aux gens d’arrêter de se fier aux premières apparences. »

Hard, cracked the wind

Un homme dans le passé commence à écrire un poème que lui dicte une femme derrière lui « Hard, cracked the wind », alors que le vent souffle effectivement au dehors. L’image est en noir et blanc, imitant la qualité d’une vidéo passée, et d’autant plus troublante que l’on se rend compte ensuite que l’on n’est plus dans le passé mais dans une époque contemporaine. Arrive alors une femme qui cherche à faire de la poésie, trouve la mallette de l’homme vu précédemment avec ses propres initiales, puis tombe malade, comme lui, et au final n’écrit rien, ne laissant qu’une tâche et disparaissant. C’est comme si cette mallette et cette feuille de papier avec les premiers mots d’un poème inscrits, emprisonnaient l’âme de ses utilisateurs, les forçant à hanter le suivant et à lui réserver le même sort.

Troublant et déstabilisant.

Passage

Un homme, dont on ne voit ni les cheveux ni la barbe, enregistre lui-même les bruitages des sons produits par la marche d’un cheval monté. Plus le court-métrage avance, plus cet homme se transforme et devient provocateur, comme si le cheval n’était plus seulement l’objet de son attention mais que nous devenions ses spectateurs. Il se transforme lui-même en l’objet de son admiration : en cheval avec une queue.

O black hole !

Une femme qui refuse de perdre ceux qu’elle aime, donc elle les mange, mange jusqu’aux astres, jusqu’aux couleurs. Véritable travail sur la matière, ce court-métrage raconte la naissance d’un trou noir. La différence des matières s’exprime à l’extérieur par une feuille de papier à dessin et de la peinture à l’huile, et à l’intérieur du trou noir, à l’intérieur de la femme, par des images en 3D mimant la pâte à modeler. Singularity, ce personnage blanc qui s’éveille après mille ans, remonte les étages du trou noir et permet aux objets aspirés et aux couleurs de sortir. La lutte entre les personnages s’exprime par les couleurs (blanc et noir) et par le son, par les chants du trou noir notamment.

Corona voicemails : staying home

Un répondeur enregistre ce que les gens veulent dire, ils laissent les messages qu’ils désirent. Il en résulte une compilation, que l’artiste et réalisateur David OReilly déploie au travers du quotidien de ces personnes confinées. Une œuvre qui invite à la tranquillité d’esprit et à la solidarité en ces temps de repli sur soi. Des rosaces composées d’objets en 3D illustrent les messages laissés sur répondeur tout au long du court-métrage.

Le fil rouge de ces films courts ? Le rapport à l’humain.

 

Céline GIBAULT

 

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