Source : wikipedia

Ce film émouvant nous plonge en plein cœur de la ville de Bombay en Inde. L’histoire voltige autour de la vie d’Ila, jeune femme qui tente de reconquérir son mari. Pour arriver à ses fins, elle lui concocte de savoureux déjeuners qu’elle met ensuite dans sa lunchbox : « Je croyais que séduire son estomac c’était séduire son cœur ». Cette lunchbox (dabba en Hindi) est l’élément principal de l’histoire.

Préparées à domicile (par les femmes des employés) ou dans des restaurants dédiés, les lunchbox sont ensuite confiées aux dabbawallahs qui s’occupent de livrer ces repas aux employés sur leur lieu de travail.  Tout au long du film, la caméra suit ces livreurs en train de déambuler dans les rues en vélo, toujours plus chargés. Ils rassemblent ensuite leurs lunchbox sur des cagettes immenses qu’ils déposent dans des trains.

Chaque boîte a un code d’identification spécifique constitué de couleurs et de lettres qui retranscrivent l’adresse de livraison et la gare de débarquement. Ce code simple permet aux indiens illettrés de le comprendre facilement et de livrer près de 200 000 lunchbox par jour. Unique dans le monde, cette technique a été inventée en 1980 et son efficacité sans précédent est très enviée. Malgré le gigantisme de ce système de livraison, la quasi totalité des lunchbox arrivent à destination.

Ritesh Batra, réalisateur de ce film a donc décidé de créer une histoire autour de ce système hors du commun en traitant la lunchbox comme un des personnages du film. Apparemment infaillible, une erreur va pourtant permettre à deux inconnus de se rencontrer. Ila, prépare donc la lunchbox pour son mari. Cependant, le soir, attendant des compliments de sa part, elle comprend vite que la box n’est pas arrivée au bon destinataire. Elle décide donc le lendemain d’ajouter une lettre à la lunchbox pour savoir qui mange le repas de son mari. Elle découvre progressivement l’identité de celui qui profite de ses talents culinaires. C’est ainsi qu’elle correspond avec Saajan, veuf et solitaire qui approche de la retraite. Commence alors entre eux une relation épistolaire que l’on aime suivre et voir évoluer. Comme le rappelle Ila « Je crois qu’on oublie les choses si on n’a personne à qui les raconter ».

Cette comédie romantique nous plonge au cœur de l’Inde. Un Bombay sans artifice, réaliste et vrai qui nous envoie directement dans le quotidien de nos deux protagonistes et leur rêve d’une nouvelle vie. Le Festival rend ici un bel hommage à Irrfan Khan (personnage de Saajan), décédé en avril dernier . Une belle comédie que je recommande de voir ou revoir !

Laure Chapelain

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