The earth is blue as an orange, a été tourné en Ukraine dans la région de Donbass. Défini comme « zone rouge »,  ce territoire est l’un des endroits les plus touchés par la guerre qui oppose depuis 2013 l’Ukraine et la Russie autour de l’annexion de la Crimée. En votant son rattachement à la Russie, la Crimée, péninsule du sud de l’Ukraine, déclenche la guerre de Donbass.

Iryna Tsilyk, réalisatrice du film, a voulu nous rappeler l’existence de cette guerre dont on parle peu et nous sensibiliser aux conditions de vie des habitants. Elle nous embarque alors dans le quotidien d’une famille ukrainienne qui transforme sa passion pour le cinéma en échappatoire. Choix surréaliste en temps de guerre, la famille se lance dans le tournage d’un documentaire amateur.

Au milieu du chaos, comme si le temps était suspendu, cette famille de cinéphiles apporte une vague d’espoir et de chaleur, en rayonnant à travers la réalisation de leur film. D’un côté, il y a la fille ainée qui s’occupe de monter le studio, les lumières et le décor avec le peu de moyens disponibles. De l’autre, face caméra, il y a sa mère, Hanna, ainsi que le reste de la fratrie qui passent tour à tour pour se confier sur les moments si particuliers qu’ils traversent. Malgré les échos des bombes, le spectateur est plongé dans un récit plein d’amour et de légèreté qui questionne le vécu de la famille et rappelle une réalité quelques fois oubliée.

Les techniques cinématographiques choisies nous immergent dans les scènes, comme si on faisait partie de la famille. La proximité de la caméra rend les émotions palpables. Ce cadre intimiste est notamment créé grâce aux angles horizontaux; la caméra est le plus souvent placée à hauteur de l’œil. Le décor, si sombre, et en même temps si représentatif de la réalité, témoigne de la destruction de la ville et de l’ambiance pesante qui y règne. Sans verser dans le sentimentalisme, le film nous pousse à réfléchir sur l’importance de la famille et la présence réconfortante que ses membres représentent les uns pour les autres.

Avec The Earth Is Blue As An Orange, Iryna Tsilyk réussit en mêlant humour, passion et réalisme à montrer que le cinéma peut être une thérapie.

Maud Simon

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