[#Nous avons vu] Il suffit parfois d’une armure pour tomber le masque
Et si, pour renouer avec sa fille, il fallait d’abord apprendre à manier une épée en mousse ? Avec Le Roi du Game, Éric Judor plonge dans l’univers déjanté du jeu de rôle grandeur nature pour explorer les maladresses d’un père en quête de rédemption. Derrière les armures et les situations absurdes, cette comédie pourrait bien cacher une histoire plus touchante qu’il n’y paraît.
Il y a des pères qui ne savent plus comment parler à leur fille. Des rêves qu’on laisse de côté en grandissant. Et des mondes imaginaires dans lesquels on finit par se réfugier, en espérant peut-être y trouver ce qu’on n’arrive plus à trouver dans le nôtre.
Alexandre, lui, a une idée : infiltrer une bande de bras cassés au beau milieu d’un univers médiévalo-fantastique. Son objectif ? Retrouver avec sa fille dans ce monde qu’il ne comprend pas. Pour cela, il va falloir jouer le jeu. Littéralement.
Dans Le Roi du Game, Éric Judor nous entraîne dans le monde du jeu de rôle grandeur nature. Des épées, des costumes, des personnages hauts en couleur et des quêtes qui semblent tout droit sorties d’un autre siècle. On pourrait croire à une simple histoire de chevaliers et de batailles improbables. Mais derrière les armures et les oreilles pointues, il y a surtout des êtres humains qui cherchent leur place.
Parce qu’au fond, que fait-on quand on ne sait plus comment être soi-même ? On essaie de devenir quelqu’un d’autre. Un héros, un guerrier, un personnage qui n’a peur de rien. Quelqu’un qui sait quoi dire, quoi faire, où aller. Quelqu’un qui ne passe pas à côté de sa propre histoire.
Le jeu de rôle offre cette possibilité : recommencer, changer de rôle, inventer une nouvelle version de soi-même. Mais la vraie vie n’a pas toujours les règles rassurantes d’une partie. On ne gagne pas l’affection avec une épée en mousse. On ne répare pas une relation en accomplissant une quête secondaire. Et personne ne peut promettre qu’une aventure suffira à effacer les maladresses du passé.
C’est pourtant là que le film semble trouver son terrain le plus intéressant. Dans ce décalage entre la grandeur des aventures imaginaires et la fragilité des liens réels. Éric Judor, accompagné notamment d’Alexandra Lamy, de Marc Labrèche et de Hafid F. Benamar, joue avec les codes de la fantasy pour raconter quelque chose de beaucoup plus proche de nous : le besoin d’être aimé, compris, et parfois simplement regardé autrement.
Alors, oui, il y aura probablement du ridicule, des situations absurdes et des personnages qui prennent très au sérieux un monde que personne ne semble vraiment maîtriser. Mais sous le comique, une question demeure : faut-il vraiment partir à l’autre bout d’un royaume imaginaire pour retrouver le chemin de ceux qu’on aime ?
Ce n’est pas pour spoiler, mais… le plus difficile, dans cette histoire, ne sera peut-être pas de devenir un héros. Ce sera d’apprendre à être un père.
Le Roi du Game
Film d’Éric Judor, 2026, comédie
Avec Éric Judor, Alexandra Lamy, Marc Labrèche et Hafid F. Benamar
Prochaine séance au Festival international du film de La Roche-sur-Yon le dimanche 18 octobre à 14h
Sortie en salles le 21 octobre 2026
Maëlys Jegou
Envoyée spéciale au Festival international du film de La Roche-sur-Yon