[#Nous avons vu] Heat : Quand la chaleur étouffe la vie

Heat, est le nouveau documentaire de Jacqueline Zünd. Ce récit engagé touche le public en montrant avec puissance l’impact du climat sur nos vies et notre environnement.

Après son long-métrage de fiction Don’t Let the Sun (présenté l’année dernière dans la sélection Cinéastes du présent), qui abordait déjà les conséquences du changement climatique, la réalisatrice Jacqueline Zünd revient sur ce thème essentiel. Avec son nouveau documentaire Heat, sélectionné en compétition internationale longs-métrages à Visions du Réel, elle fait le choix du réel pour montrer à quel point le soleil et la chaleur extrême représentent aujourd’hui une menace directe et vitale. Heat reprend les intentions de son précédent film, mais avec une force d’impact encore plus concrète.

Un miroir de nos inégalités sociales

Le documentaire plonge le spectateur au cœur des pays du Golfe, où les températures dépassent régulièrement les 50 °C. Avec cette chaleur, il est difficile de vivre normalement, y compris la nuit où l’air reste lourd et suffoquant. Le film met alors en avant une inégalité sociale : d’un côté, une population privilégiée qui a le luxe de vivre, de travailler et de dormir dans des espaces climatisés ; de l’autre, des habitants qui n’ont pas les moyens financiers pour se protéger. Ces derniers n’ont d’autre choix que d’affronter ces températures extrêmes au quotidien, mettant leur santé directement en danger.

À travers l’exemple marquant de travailleurs très exposés, comme les livreurs en extérieur, le film dénonce les inégalités face aux vagues de chaleur. Il dresse un parallèle frappant avec les canicules qui frappent désormais le monde entier chaque été, rappelant au passage que ces crises climatiques n’épargnent pas non plus les animaux, qu’il devient important de protéger.

Une représentation sensorielle du climat

Pour faire ressentir cette atmosphère étouffante au spectateur, Jacqueline Zünd déploie un travail visuel remarquable sur les paysages et la lumière. L’utilisation récurrente d’effets de flou sur les véhicules et les passants montre les ondes de chaleur, donnant l’impression d’un air physiquement déformé par la température. Un nuancier de couleurs saturées jaunâtres domine l’image, rendant l’omniprésence du soleil suffocante. La caméra s’attarde aussi sur de gros plans saisissants de l’astre solaire, filmé comme une menace mortelle qui écrase la ville.

Enfin, la construction des plans renforce le propos : l’opposition entre les immeubles modernes luxueux et les panoramas de déserts arides ou de rues totalement désertes montre parfaitement comment la chaleur extrême isole les individus et transforme l’espace public en désert.

Chloé Le Douairon
Envoyée spéciale au Festival International de La Roche-sur-Yon

Film réalisé par Jacqueline Zünd,
Suisse,
2026, 85min
Prochaine séance : Cinéma Le Concorde– samedi 17 Octobre, 11:30