L’utérus est l’organe génital féminin, destiné à héberger l’œuf fécondé depuis sa conception jusqu’à son développement complet. Il est, depuis toujours, considéré comme un lieu fascinant, car la vie s’y crée. On retrouve au fil des âges des manifestations de cette fascination, notamment à travers des statuettes représentant non pas la beauté des femmes, mais leur fécondité. La création de la vie est un processus d’une complexité étonnante, et l’humanité veut plus que tout en percer le mystère.
Au XXIe siècle, un nouveau dispositif de gestation extra-utérine partielle pourrait complètement changer la vision de la maternité, révéler au monde tous les secrets de la création de la vie et lever le voile sur ce privilège réservé jusque-là, aux femmes : l’utérus artificiel, qui reproduit les conditions physiologiques et l’environnement de l’utérus maternel, pendant une partie de la gestation. Ce dernier est peut-être l’amorce d’une révolution de la reproduction.
Cette vision de la croissance du fœtus en dehors du corps de sa mère possède un aspect déshumanisé, voire industrialisé de la gestation et de la maternité qui peut susciter des inquiétudes, des questions et des enjeux éthiques. Or, cette avancée n’est encore elle-même qu’à l’état de fœtus, car de nombreux enjeux techniques entravent sa réalisation. Il n’empêche que plusieurs avancées médicales allant dans cette direction ont vu le jour, ces dernières années.
Ainsi, l’utérus artificiel est un sujet encore méconnu et susceptible de susciter de nombreuses controverses ou des questions d’éthique et de responsabilité. Dans cette logique, l’élaboration de tels dispositifs rencontre de grands enjeux techniques, amenant à se demander quels sont les enjeux techniques et éthiques de l’utérus artificiel.
Nous nous pencherons dans une série de 3 articles sur ces dispositifs de gestation extra-utérine partielle. Nous appréhenderons dans un premier temps l’apparition du concept d’utérus artificiel, ainsi que sa concrétisation. Puis, dans un second temps, nous aborderons les usages que l’humanité peut tirer d’un tel dispositif. Enfin, nous tenterons d’imaginer l’impact de ce dispositif sur le lien entre la mère et le fœtus à naître.

Marie ROCHET