[#Cadavre exquis] Vendredi. Une journée sans fin
Un jour au festival. Des films. Des histoires.
Chaque matin, sur le principe du cadavre exquis, découvrez en une histoire courte, la programmation des films de la journée.
Tristan Forever est un jeune homme passionné d’histoire ancienne. Son film préféré en est la preuve : Marie-Antoinette. Pour lui, rien de mieux que de visiter les musées tel Un bon petit soldat. Mais aujourd’hui, la journée de notre Tristan ne se résume qu’à une expression : Adieu monde cruel. Pour tout vous dire, la journée de Tristan Forever a commencé sur les chapeaux de roues, un peu comme Taxi driver. Il s’est levé, a lu son journal préféré : Extra Geography et dès cet instant-ci tout a basculé. En première page du journal on pouvait lire “Je vois des immeubles tombés comme la foudre”, suivi d’une photo d’immeuble avec en premier plan un panneau sur lequel était inscrit “Amazomania”. Ne comprenant pas ce qu’il se passait, Tristan sortit de son appartement et tomba sur sa plus fidèle amie Artou. Elle lui parla de ses études de robotique et lui présenta son nouveau projet intitulé Objet A. N’y comprenant, de nouveau, pas grand chose, le jeune homme dit au revoir à son amie et poursuivit son chemin.
Après cela, Tristan rencontra au cours de sa journée une multitude d’histoires totalement improbables et diversifiées. Il se demanda même s’il ne vivait pas une suite de courts métrages de la compétition nouvelles vagues. Il commença par rencontrer un vieil homme dans la rue qui lui expliqua être Le Dernier Roi du blues selon lui. En face de celui-ci se trouvait une jeune femme qui, elle, revendiquait une musique dans le registre Daft Punk’s Electroma (L’électroma des Daft Punk). On aurait dit un combat de coq intergénérationnel. Tristan rigola, n’en pensant pas moins et continua son chemin. Lorsqu’il passa devant une boutique de robes de mariée, il entendit crier une vendeuse. Elle hurlait : Le Corset ! On aurait dit un Making de Marie-Antoinette dans cette boutique. Par la suite, Tristan entra dans un café et tomba sur une fête d’anniversaire pour une jeune fille de seize ans. Comment le savait-il ? C’est simple, une banderole d’anniversaire indiquait “Seize moments de ma vie”. Cette journée était décidément très surprenante.
Il décida alors de changer de café. Il découvrit une nouvelle enseigne à quelques pas de là. Le café s’appelait Euphoria. Rien qu’au titre, Tristan aurait dû se douter qu’il serait surpris, mais en entrant, il tomba nez à nez avec un ensemble d’affiches à l’effigie de films en tout genre. “River dreams” (rêves de rivière), “Douglas Gordon by Douglas Gordon” (Douglas Gordon par Douglas Gordon), “Atlantic Rhapsody”, “Wild horse nine” ou encore “Light Pillar” (Pilier de lumière) décoraient les murs de ce bar. Tristan décida, malgré tout, de tenter sa chance et de s’asseoir pour prendre un verre. Quand la serveuse arriva à sa hauteur et lui demanda ce qu’elle pouvait lui servir, Tristan prit la carte des boissons et commença à regarder ce qui pourrait lui plaire. Mais tout de suite il vit sur celle-ci des noms de boissons plus farfelus les uns que les autres tels que “La belle année”, “L’île des souvenirs”, “Notre salut”. Finalement, il regarda la serveuse et opta pour un cocktail Time and water (Temps et eau). Quand ce dernier arriva, Tristan fut surpris en le dégustant, pour lui le titre n’était pas le bon. Ce cocktail aurait dû s’appeler Melt (fondre) car en dégustant cette boisson, il avait l’impression que les saveurs étaient en train de fondre sur sa langue.
Après cette journée haute en couleur, Tristan rentra chez lui. En arrivant devant la porte de son appartement, il découvrit une lettre posée sur le sol. Dans cette dernière, il trouva un carton d’invitation pour l’ouverture d’une nouvelle galerie d’art dans son quartier intitulée : Clips & Joy and Joys. Tristan en fit abstraction et entra dans son appartement. Il alluma la télé pensant regarder son film préféré quand il remarqua la diffusion d’Orlando Ferito, un film touchant et intriguant.
Pour finir cette journée, Tristan décida d’appeler sa mère pour lui raconter son incroyable journée. Mais quand celle-ci lui demanda des détails, il ne savait plus rien dire. Sa mère rigola et lui dit qu’il avait vraiment la Mémoire d’un blaireau, parce que pour elle les poissons rouges sont plus intelligents que ces affreuses bêtes.
Charlotte Roi-sans-sac
Envoyée spéciale au Festival International de La Roche-sur-Yon