[#Nous avons vu] A day in life of Jo : et si nos vie n’étaient que des films ?

Réalisé par Jacqueline Lentzou, A Day in the Life of Jo: Chapter Phaedra suit Jo, une adolescente de quinze ans, au cours d’une journée en apparence ordinaire. Après avoir raté son bus, elle se rend au lycée où elle découvre Phaedra, une camarade dont le chant attire immédiatement son attention. Cette rencontre transforme peu à peu sa journée et vient la toucher profondément. Le film propose ainsi un regard poétique sur l’adolescence, la solitude et les rencontres.

Une rencontre qui change le regard

Au cœur de cette journée, se trouve la rencontre entre Jo et Phaedra. La voix de cette dernière vient interrompre la solitude de Jo. Leur rapprochement se construit autour de la musique et des échanges, sans que leur relation ne soit définie de manière précise. Phaedra devient surtout une présence qui permet à Jo de regarder son quotidien autrement.

Cette rencontre traduit aussi les bouleversements propres à l’adolescence, lorsque les nouvelles relations peuvent prendre une importance particulière et transformer le regard porté sur le monde. Le film s’intéresse moins à l’évolution de leur relation qu’aux sensations qu’elle provoque chez Jo. La rencontre devient ainsi une ouverture vers quelque chose de nouveau, réel ou imaginaire.

Quand le quotidien devient un film

Dès les premières scènes, le film installe une atmosphère à mi-chemin entre quotidien et rêve. La journée de Jo est composée de situations banales qui prennent progressivement une dimension étrange. Certains éléments semblent se répéter, certaines images font écho à ses rêves et la réalité paraît parfois obéir aux règles d’un film.

Jacqueline Lentzou brouille volontairement la frontière entre ce qui est vécu et ce qui est imaginé. Le spectateur se retrouve dans la même position que Jo et doit accepter de ne pas toujours savoir où se situe la limite entre rêve et réalité.

Une expérience entre rêve et réalité

La musique occupe une place essentielle. Le chant de Phaedra semble suspendre le temps et fait progressivement basculer le film vers un univers plus poétique. La mise en scène privilégie les sensations, les silences et les images plutôt que les explications. Cette liberté constitue à la fois la force et la difficulté du film : son rythme contemplatif et son caractère énigmatique peuvent dérouter, tandis que certaines scènes restent volontairement ouvertes.

En définitive, A Day in the Life of Jo: Chapter Phaedra est moins un film à comprendre qu’une expérience à vivre. À travers une journée ordinaire transformée par une rencontre, Jacqueline Lentzou explore l’adolescence, la solitude et la découverte de soi tout en brouillant les limites entre rêve et réalité. La question « Et si nos vies n’étaient que des films ? » résume l’univers du film et invite à regarder le quotidien autrement, comme si chaque instant pouvait cacher une part de rêve.

 

Manon Bellanger 
Envoyée spéciale au Festival International du Film de La Roche-sur-Yon

 

A day in life of Jo : Chapter Phaedra 
Un film réalisé par Jacqueline Lentzou
2026, 88 min, Grèce-Allemagne-France

Mercredi 14 octobre 18h30
Samedi 17 octobre 9h30