Le 29 novembre dernier, la justice botswanaise a enfin confirmé la dépénalisation de l’homosexualité sur son territoire après plusieurs années de débat.

Selon l’Agence France Presse (AFP), c’est en 2016 que le tribunal de la capitale botswanaise, Gaborone, entame une procédure afin de modifier ses textes de lois condamnant l’homosexualité. Fondés sur les idéologies conservatrices de l’Empire Britannique, ceux-ci dataient de 1965. Jusqu’ici, les peines punissant l’homosexualité pouvaient aller jusqu’à 7 ans de prison, enfermant les membres de la communauté LGBTQIA+ dans un silence destructeur. Pendant des décennies, les botswanais homosexuels ont vécu dans « la peur constante d’être découverts ou arrêtés » selon le juge Ian Kirby.

Si aujourd’hui l’homosexualité est enfin dépénalisée, cela n’a pas été sans difficulté. En effet, le gouvernement s’est explicitement opposé à la décision du tribunal de Gaborone en déposant un recours en octobre dernier. Et pourtant, la Haute Cour a rejeté la demande en appel ; confirmant officiellement la dépénalisation de l’homosexualité au Botswana.

Certes, il s’agit d’un grand pas pour la communauté botswanaise. Cependant, il reste encore beaucoup à parcourir avant d’arriver à une société égalitaire. D’un point de vue légal, la dépénalisation ne signifie pas pour autant la légitimité complète (le mariage homosexuel, par exemple, n’est toujours pas autorisé). De plus, l’évolution des textes de loi n’est pas systématiquement suivie de l’évolution des mentalités, qui restent bien souvent attachées à des idéologies conservatrices très ancrées. Enfin, le contexte géographique continuera de ralentir les procédures, puisque les autres pays d’Afrique australe sont peu enclins à accepter l’homosexualité.

« Le jugement d’aujourd’hui est en effet très inspirant car il va changer la vie de nombreuses personnes dans notre pays » affirme Thato moruti, directeur de l’association legabio

Le Botswana devient le sixième pays d’Afrique à légaliser l’homosexualité. Cependant, dans vingt-sept autres États voisins, elle reste illégale et peut être punie par l’emprisonnement à vie, la peine de mort ou encore la lapidation. Il s’agit d’une décision historique qui n’arrêtera cependant pas les LGBTphobies et les violences à l’égard de la communauté.

Manon BLIGUET

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