C’est vrai que je n’arrive pas bien à comprendre vers où on va. Je me demande bien souvent ce que pouvaient penser nos aïeux à notre âge. Différente époque, différente vie. Quelles questions pouvaient-ils bien se poser.

Ces questions sont universelles et je suis sûr que toi, lecteur, tu te les poses aussi. Ces questions sur l’écologie : quand les grandes et petites instances vont-elles œuvrer pour la survie de la planète ? Ces questions sociétales : quand les filles ne seront-elles plus harcelées, sexualisées, dénudées d’un regard par un homme pourtant éduqué par l’Éducation nationale ? Ces questions économiques : quand le capitalisme arrêtera-t-il de nous manger le cerveau, de nous manipuler et de nous faire raquer ? Ces questions politiques : quand l’homme passera-t-il avant le politicien ?

Ces interrogations ne sont-elles que les miennes, ou sont-elles partagées ? À en croire les discussions que je peux avoir, il me semble qu’elles sont partagées. Ces questions ont en fait des réponses toutes faites. Il en existe deux sortes : c’est pour bientôt/ on ne le verra pas de nos propres yeux. Ces questions impliquent le temps (une ressource rare ces temps-ci car nous le perdons sur nos smartphones ou nos écrans en général, moi le premier) à cause du « quand ? ».

Le temps ne peut pas être une réponse car au moment présent la réponse ne nous est pas dévoilée (je ne parle pas ici des questions quotidiennes). Cela en fait-il des questions inutiles ? Une perte de temps ? Au fond je pense que oui mais c’est une pensée égoïste parce que les questions qu’on se pose aujourd’hui auront un intérêt plus tard. Plus on se pose des réflexions fondamentales (= qui ont un caractère essentiel et déterminant) moins on en verra les réponses.

J’en reviens à nos aïeux pour expliquer mon propos. Les anciens eux aussi se posaient des questions fondamentales : quand est-ce que les femmes auront le droit de vote ? Quand est-ce que l’on interdira la peine de mort ? 

Ce sont des questions qui pour la plupart ont été résolues. Mais dans le temps. Peut-être pas du vivant de nos doyens.

Vous avez compris où je voulais en venir ? Pour ceux qui se disent qu’il ne sert à rien de se battre, de se poser des questions (choisissez les bonnes s’il vous plaît), de débattre, de s’acharner, ne soyez pas égoïstes. Les questions que se posent les gens n’ont des réponses qu’après leur mort. Et ce depuis la nuit des temps. Ne soyez pas égoïste car votre question apportera une réponse à vos enfants, vos petits-enfants et ce après eux encore, pour que EUX vivent dans un monde meilleur, celui que nos anciens et que nous modelons par nos interrogations. C’est pourquoi je vous demande de vous poser les bonnes questions. Parce que si nous partons sur de mauvaises interrogations (faut-il fermer nos frontières ? par exemple) alors nous condamnons notre descendance à vivre dans un monde fermé et triste.

Paul Lacombe

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