Créée en 1984 par Dietrich Mateschitz et Chaleo Yoovidhya, la multinationale autrichienne Red Bull a vite eu du succès avec ses boissons énergisantes, mais aussi avec leur lien avec le sport extrême dès les années 1990. Cependant, en 2005, le géant autrichien décide d’investir dans le sport le plus médiatisé du monde, le football. En 2019, soit 14 ans après, faisons un bilan de leur plan, s’il s’est révélé fructueux ou non.

Partir de rien pour arriver au sommet
En 2005, le dirigeant de Red Bull, Mateschitz décide de lancer une section de football, en rachetant le club autrichien SV Austria Salzburg, modifiant le nom en « Red Bull Salzburg », ainsi que le logo et les couleurs du club, devenant à l’effigie de la marque, au grand dam des supporters. Néanmoins, le club remporte le championnat de D1 autrichienne (dit Österreichische Fußball-Bundesliga) lors de sa première saison (2006/2007).
Cependant, le groupe ne s’arrête pas là, en enregistrant le rachat de différents clubs, à commencer en 2006 par les New York Red Bull (anciennement les Metrostars de New York), en 2007 avec Red Bull Brasil, servant principalement de centre de formation et détection pour les jeunes en vue d’être recruté par le RB Salzburg, puis en 2009 avec le SSV Markanstädt, club de quatrième division allemande, devenant le RasenBallsport Leipzig (la ligue allemande interdisant le « naming » de club (principe d’avoir une marque sur le nom du club).
Le rachat du FC Liefering pour en faire la réserve du RB Salzburg est à l’heure actuelle la dernière pierre à l’édifice du projet de Mateschitz, qui est de mener Red Bull parmi les têtes d’affiches du football mondial.

Quelles ont été les évolutions ?

Malgré une domination très rapide du RB Salzburg sur le championnat autrichien, la progression reste très disparate. En effet, la franchise new-yorkaise de Major League Soccer (abrégé MLS), malgré l’achat de grands noms tels que Thierry Henry, s’est vu remporter la MLS Supporters’ Shield que trois fois, finissant premier de la saison régulière qu’en 2013, 2015 et 2017, mais n’ayant jamais remporté la Coupe MLS avec une seule finale en 2008. L’équipe joue néanmoins le haut du tableau et le système américain de ligues privées (il n’y a ni de rétrogradation ni de promotion, l’entrée des joueurs et leurs salaires sont contrôlés et filtrés) évite au maximum une franchise de faire faillite, et donc Red Bulls y sera forcément gagnant.
Du côté de la filière brésilienne, le temps qu’il y ait des résultats et, comme tout centre de formation, ce sera très long mais leurs équipes jeunes remportent régulièrement les coupes régionales de São Paulo. De plus, ils ont comme ambassadeur Neymar, leur donnant une vitrine importante en termes de crédibilité pour Red Bull Brasil.
Du côté de l’Europe, le RB Leipzig étant dans un championnat plus attractif (en termes de visibilité médiatique, ainsi que sur les droits TV) que le championnat autrichien, c’est ce club qui est considéré comme le plus important même si les deux clubs – que ce soit celui de Salzburg ou de Leipzig – ont une certaine indépendance, les meilleurs joueurs de Salzburg n’allant pas obligatoirement à Leipzig. Néanmoins, cela n’empêche pas les deux clubs de coexister et d’avoir du succès. Le club allemand, étant en 2009 en 5e division allemande, est monté en Bundesliga en vue de la saison 2014/2015 et a fait d’excellents résultats finissant régulièrement sur le podium et participant régulièrement à la Ligue des Champions.
Le RB Salzburg a, comme dit précédemment, nagé sur la scène nationale, remportant, sauf rares exceptions, le championnat, le challenge se faisant donc chaque année en Coupe d’Europe (Ligue des Champions ou Ligue Europa).

Quelles sont les clés de cette réussite ?
Pour en arriver là, Red Bull a donc mené une stratégie sur le long terme qui consiste à former un vaste réseau de recruteurs (ou « scouting » en anglais) pour aller chercher de jeunes joueurs à fort potentielà l’image de Erling Braut Haaland cet été – pour les revendre plus cher. Mais contrairement aux autres clubs utilisant cette stratégie dite « tradings » de joueurs (à l’instar de l’AS Monaco en France), Red Bull peut les conserver pour en faire des joueurs « cadres » de l’équipe avec une forte valeur ajoutée comme Timo Werner, Marcel Sabitzer ou Yussuf Poulsen.
La marque au taureau a réussi à créer un vaste réseau de recrutement à travers le monde rayonnant autour de deux clubs principaux, la tête d’affiche, le RB Leipzig, et un club « satellite », le RB Salzburg.
On peut rajouter à cela l’achat de jeunes joueurs cherchés dans les championnats mineurs ou les championnats de seconde division des cinq grandes ligues européennes (Allemagne, Angleterre, Espagne, France, Italie), à l’image de la France, nation réputée pour être une pépinière à talents, Dayot Upamecano étant l’exemple parfait.
De plus, avec le club de Salzburg, ils ont deux fois plus de places pour accueillir les jeunes et donc les trouver afin qu’ils intègrent l’effectif allemand, vu que les deux clubs collaborent de pair.
L’avenir de Red Bull semble s’annoncer radieux, atteignant à chaque fois les sommets dans chaque sport ou le groupe investit. La stratégie restera la même car cela leur a toujours réussi jusqu’à maintenant, on peut prendre comme exemple la Formule 1 où leur écurie, lancée en 2005 a remporté de 2010 à 2013 la compétition avec Vettel, utilisant, en plus de leur écurie principale, Toro Rosso, leur servant de « laboratoire ».

 Mathias Delafontaine

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