[#Nous avons vu] Changer l’eau des fleurs adapté en film

Ce film mêle émotion et poésie en nous plongeant dans la vie de Violette Toussaint, une garde-cimetière. Jean-Pierre Jeunet signe une adaptation fidèle en transposant le roman, de Valérie Perrin, vendu à plus de 3 millions d’exemplaires. 

Changer l’eau des fleurs, c’est l’histoire de Violette Toussaint, une garde-cimetière interprétée brillamment par Leïla Bekhti. Les personnes de passage au cimetière ou habitants de la ville, se succèdent chez elle et lui confient leurs secrets. Un jour, un homme nommé Julien Seul vient déposer les cendres de sa mère comme elle le lui a demandé sur la tombe d’un certain homme dont il n’a jamais entendu parler. Il cherche alors à comprendre l’histoire qui liait sa mère à cet inconnu et enquête sur la disparition soudaine du mari de Violette. C’est à partir de là que tout bascule.

Comme le roman, le film ne cesse de revenir dans le passé à différentes périodes de la vie de Violette. On ne sait plus vraiment quand est le présent. Mais cette accumulation de moments de vie nous révèle peu à peu d’autres personnages et le passé mystérieux de Violette. Au fur et à mesure des scènes, des morceaux de l’histoire se combinent et la tension monte. Lorsque la vérité est dévoilée, l’ensemble des spectateurs, y compris ceux qui avaient lu le livre, est impacté.

Comme dans son film Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Jean-Pierre Jeunet embellie les petites choses du quotidien et les personnages un peu décalés. Les nombreuses scènes où Violette jardine dans l’espace vert de sa maison de garde-cimetière sont très plaisantes à regarder. L’amour de Violette pour les fleurs et le soin qu’elle leur accorde sont mis en avant.

Le film montre combien la présence des autres fait du bien et peut nous aider à avancer. Il amène le spectateur à nuancer les épreuves et laisse entrevoir une note d’espoir : même si certaines blessures ne disparaîtront jamais, cela ne condamne pas à être malheureux pour toujours.

La séance de Mardi 13 Octobre était suivie d’une rencontre avec Jean-Pierre Jeunet. Il a notamment exprimé sa volonté de faire du réalisme poétique car en tant que “fabriquant” il a du mal avec le réalisme pur et a besoin de ce côté décalé. 

 

Jeanne Deffe
Envoyée spéciale au Festival International du Film de La Roche-sur-Yon

 

Changer l’eau des fleurs
Un film réalisé par Jean-Pierre Jeunet
2026, 137min, France
Cinéma Le Concorde, Jeudi 15 Octobre