[#Cadavre exquis] Je m’évade le temps d’une balade
Un jour au festival. Des films. Une histoire.
Chaque matin, sur le principe du cadavre exquis, découvrez en une histoire courte, la programmation des films de la journée.
Dans ma famille, le dimanche après-midi est réservé à la sieste et à la paresse. C’est une sorte de rituel. C’est tellement instauré qu’on ne le questionne pas, peut-être que c’est aussi parce que ce moment nous fait du bien.
Mais ce dimanche après-midi, je n’ai aucune envie de faire la sieste. Je me suis quand même couchée dans mon lit mais je ne cesse de me tourner et me retourner sans parvenir à trouver le sommeil. Je me dis que cela ne sert à rien, I Sleep no more (je ne dors plus).
Je descends dans le salon et inspecte la pièce pour voir ce qu’il se passe avant de filer discrètement. Ma petite sœur, Artou, dort sur un des fauteuils dans une drôle de position à cause de la récente installation de son Corset qui lui bloque le dos afin de corriger sa colonne vertébrale. Elle doit sûrement faire des River Dreams (Rêves de rivière). Maman vient de quitter la pièce après avoir Changé l’eau des fleurs en espérant que cela les fasse tenir plus longtemps. Et Le père tranquille, s’est endormi dans le canapé. La voie est donc libre, j’ai Carte blanche pour sortir par la porte d’entrée.
If I Go Will They Miss Me (Si je pars, est-ce qu’ils me regretteront) ? Certes, je ne pars pas non plus en Voyage mais je pense que cette courte évasion pourrait quand même un peu inquiéter mes parents mais elle me fera du bien.
Je mets mes écouteurs dans mes oreilles et lance une musique du rappeur NAZA. Je sors et m’éloigne en marchant de Ma maison verte. Près de la prairie du Cheval de Turin, j’ai le bonheur de trouver une Rose of Nevada (La Rose du Nevada) que Les petites bêtes de Lena n’ont même pas grignoté. Aucune Mouse (Souris) n’y a touché et c’est très rare en Burgundy (Bourgogne) !
Je repars avec ma rose à la main puis après un virage, je croise Blanche. Je la vois Everytime (Tout le temps). C’est juste une connaissance mais ça ne l’empêche pas de venir se lamenter auprès de moi. Elle est désespérée depuis que Nino l’a quitté, alors elle erre dans les rues En attendant le bonheur elle clame haut et fort de grandes phrases. Par exemple, nos regards se sont à peine croisés qu’elle me crie “I deserve a lover whose every rise sets fiery dooms raging across the skies” (Je mérite un amant dont chaque ascension déchaîne des destins de feu à travers les cieux).
Je fais donc demi-tour mais cette fois-ci je croise le fou du village dont on ignore le nom mais avec ma sœur on l’appelle Timbuktu. Il s’approche de moi en marmonnant “Je vois des immeubles tomber comme la foudre”. C’est à ce moment-là que je me dis qu’il est temps de rentrer et je me redirige vers chez moi.
Malgré toutes ces aventures, je suis heureuse d’avoir pu m’extirper discrètement de chez moi et d’avoir fait cette balade.
Jeanne Deffe
Envoyée spéciale au Festival international de La Roche-sur-Yon