[#Nous avons vu] Voyages : une évasion au travers des mondes
Mardi 13 octobre, quatre courts-métrages autour du thème « Voyages » étaient diffusés lors d’une même séance, en présence de groupes scolaires. Chacun des courts-métrages, invite, à sa manière, les spectateurs à découvrir de nouveaux horizons, qu’ils soient imaginaires, géographiques ou mythologiques. Du voyage intérieur à la création du monde, ces films proposent différentes façons de s’évader.
Fire in My Pocket
Réalisé en stop motion, ce court-métrage suit un petit garçon dont la cabane s’effondre. Attiré par une petite étincelle, il se laisse entraîner dans un monde imaginaire peuplé de champignons et d’une végétation luxuriante. Ensemble, les deux compères se déchaînent, jusqu’à tout détruire et tout brûler. Mais le garçon finit par reprendre ses esprits et par retrouver son calme.
Derrière cette aventure fantastique, l’étincelle semble symboliser la colère du jeune héros. Entre la cabane qu’il n’arrive pas à construire et les réprimandes de son père après avoir pris des bonbons, les frustrations s’accumulent. Son voyage dans cet univers imaginaire devient alors une manière d’extérioriser ses émotions, avant d’apprendre à les maîtriser. En effet, lorsqu’il se déchaîne, la flamme grandit considérablement, puis rétrécit à mesure qu’il retrouve son calme, jusqu’à redevenir une petite étincelle qu’il glisse dans sa poche.
América
América est une petite fille d’Amérique latine qui rêve d’aller à l’école. Mais le chemin à parcourir à pied est long et elle arrive sans cesse en retard. Déterminée à trouver une solution, elle décide d’économiser pour s’acheter un vélo. Pour y parvenir, elle vend les œufs de ses poules et propose aux touristes d’utiliser ses lamas pour transporter leurs affaires.
Malgré les difficultés, América ne renonce pas à son objectif. Déjà capable de lire et d’écrire, elle fait preuve d’une grande détermination pour poursuivre sa scolarité. Son « voyage » est avant tout celui d’une enfant qui cherche à se donner les moyens de s’instruire, malgré le manque de soutien de son père. À travers son quotidien, le film met en lumière les obstacles qui peuvent entraver l’accès à l’éducation pour certains enfants, mais aussi leur volonté de les surmonter.
Kosmogonia
Ce court-métrage met en scène deux dieux, l’un prenant la forme d’un bison, l’autre celle d’une chèvre. Ensemble, ils découvrent qu’un simple souffle leur permet de créer la vie, de la transformer ou de la détruire. Ils donnent ainsi naissance à l’eau, à la terre, à la faune et à la flore.
Ici, le voyage prend une dimension mythologique : les spectateurs assistent à la naissance d’un monde et à la transformation du vide en un univers vivant. Le film invite à imaginer les origines de la nature à travers le regard de deux divinités, dans un récit où création et destruction se côtoient. Il met également en valeur la beauté de la faune et de la flore et souligne, à travers ses images, la nécessité de les protéger. Le dieu bison semble d’ailleurs devenir le protecteur de cette terre. Son corps se recouvre progressivement de plantes, jusqu’à ce qu’il finisse par se transformer en colline. De son côté, le dieu chèvre repart en mer, semblant à son tour devenir le protecteur de cet espace.
Eeny, Meeny, Miny, Moe !
Dans ce court-métrage inspiré de la mythologie grecque, l’enfant du Soleil se rend à la garderie. Les enfants s’y retrouvent pour jouer, notamment à des jeux de comptines et de hasard, comme « Am stram gram, pic et pic et colégram ». Mais sa particularité physique, qui le pousse à éblouir les autres lorsque ses émotions prennent le dessus, entraîne son rejet par les autres enfants. Il finit alors par tomber du nuage mythologique et atterrit dans le monde des humains, où un petit garçon accepte de jouer avec lui et lui apprend à se calmer.
Ce court-métrage aborde ainsi la question de la différence, qui peut parfois être source de rejet, notamment chez les enfants. Il évoque la douleur de se sentir exclu, mais aussi le besoin d’appartenir à un groupe et d’être accepté tel que l’on est. À travers la rencontre entre les deux garçons, le film met également en avant l’apprentissage de la régulation des émotions. Le voyage du jeune dieu devient alors une expérience de découverte de soi et des autres, qui lui permet de trouver sa place dans un monde où il ne se sentait pas accepté.
Enora Daheron
Envoyée spéciale au Festival International du Film de La Roche-sur-Yon
Diffusions :
Jeudi 8 octobre, 10h30 – Cinéma Le Concorde
Vendredi 9 octobre, 14h – Le Carfour
Mardi 13 octobre, 11h30 – Le Manège
FIRE IN MY POCKET
Janka Feiner
Hongrois – 2026 – sans dialogue – 10 min
AMÉRICA
Javier Arias-Stella
Pérou – 2025 – VOSTF – 16min
KOSMOGONIA
Karolina Chabier
France, Pologne, Belgique, Portugal – 2025 – sans dialogue – 16 min
EENY, MEENY, MINY, MOE !
Andrea Szelesová
République Tchèque – 2026 – sans dialogue – 11 min