[#Mot du Jour] Mardi. Scolaires.
Scolaire(s) :
Relatif aux écoles, à l’enseignement qu’on y dispense, aux personnes qui les fréquentent.
(Source : CNRTL)
Ils sont écoliers. Collégiens. Lycéens. Pour certains, c’est peut-être la première fois qu’ils viennent au cinéma.
Mardi, alors que je m’installe en salle, ça se presse. Les sacs dans les casiers, les élèves regroupés, chacun prend sa place. Entre les rangées bien remplies, les conversations vont bon train. On s’apostrophe d’un bout à l’autre, on rigole, on gesticule. En somme, ON VIT.
Avec eux, les scolaires ont amené la vie : des regards neufs, des questions, des imaginaires à éveiller.
Ils viennent regarder des films. Certes. Mais ce n’est pas que cela. Ils viennent découvrir de nouveaux univers, de nouvelles façons de penser, des histoires qui ne ressemblent pas aux leurs. Ils viennent s’ouvrir à d’autres réalités, apprendre à regarder le monde autrement. Peut-être viennent-ils assister à la naissance d’une passion, d’un moyen d’expression, ou même d’un AVENIR.
Car le cinéma, ce n’est pas seulement une image projetée sur un écran. C’est une porte ouverte sur la culture. Sur les autres. Sur soi-même. Et parfois, il suffit d’une séance, d’un personnage ou d’une histoire pour éveiller une curiosité qui ne nous quittera plus. Alors, les accueillir dans une salle, c’est aussi leur donner accès à des mondes qu’ils n’auraient peut-être jamais découverts. C’est leur permettre de se construire, de réfléchir, de s’émouvoir et de forger leur propre opinion.
Aujourd’hui, sans peut-être même le comprendre, ils s’abreuvent de cette culture qui participe à construire leur avenir.
Mardi, alors que je sors de la salle, je vois des élèves. Des scolaires, comme on les appelle. Mais je vois surtout un avenir, une relève trop souvent ignorée.
Alors que je me rends au cinéma Le Concorde, je les vois encore. Ces jeunes qui veulent être entendus. Qui en ont marre d’être appelés scolaires, lycéens, étudiants, quand leurs conditions d’apprentissage ne suivent pas. Qui veulent être la relève, sans pour autant devoir fermer les yeux sur les difficultés du présent. Qui veulent pouvoir apprendre, découvrir, créer et grandir dans de bonnes conditions.
Mardi, une journée de scolaires. Mais je ne peux pas réduire ces élèves au cadre qui les amène jusqu’ici. Derrière les sacs, les rires et les conversations, il y a des individus. Des êtres qui se construisent. Des adultes en devenir. Des jeunes qui méritent qu’on leur ouvre les portes de la culture autant qu’on leur donne les moyens de construire leur avenir.
Alors, ce mardi, je ne vous dirai pas que les scolaires étaient en salle. Je vous dirai que la JEUNESSE était au cinéma.
Enora Daheron
Envoyée spéciale au Festival International du Film de La Roche-sur-Yon