Il y a quelques mois (> voir l’article du mois dernier ) j’écrivais que la France était sur le point de devenir une nation indivisible, enfin, presque. Toujours est-il que 100 ans plus tard elle n’est toujours pas unie, en témoigne la terrible défaite d’Azincourt en 1415, qui n’est — nous le verrons — pas uniquement due à la boue. 

1415, nous sommes dans le nord de la France dans la jolie clairière des forêts touffues d’Azincourt. L’armée anglaise, forte de 8 000 hommes (tous à pied), affaiblis par la dysenterie et qui n’ont qu’une chose en tête : s’embarquer pour leur île natale. Face à eux : 12 500 français, la crème de la crème de la chevalerie, tous sous d’épaisses armures et sur de solides chevaux. Le rapport de force est donc clairement en faveur du royaume de France qui ira même jusqu’à refuser l’aide de 4 000 arbalétriers génois (des mercenaires). Tout le « gratin » du royaume de France est sur le pied de guerre, à l’exception de deux personnes :

  • Le roi Charles VI, car atteint d’une maladie mentale ;
  • Ainsi que Jean sans Peur, duc de Bourgogne « plus puissant des nobles du Royaume », qui avait préparé ses troupes, mais n’avait pas pu prendre part à la bataille du fait de la rivalité entre Armagnacs et Bourguignons.

Même sans avoir mobilisé toutes ses forces, l’armée française à un avantage certain : supériorité numérique, connaissance (relative) du terrain, chevaliers mieux équipés, montures. Mais alors, comment expliquer cette défaite ?

En premier lieu : la boue, c’est bien connu, la nuit avant la bataille, il a plu sur le champ de bataille ; ce qui a eu pour effet de diminuer l’efficacité des charges de cavalerie française. Second point négatif pour les Français, la configuration du terrain n’est pas à leur avantage : les Anglais sont en haut d’une butte entourée de forêts, ce qui leur permet de se disposer avec leurs puissants « longbow » arcs mesurant plus de deux mètres, pas assez puissants pour percer les armures françaises, mais assez pour désarçonner un chevalier en pleine charge. Trois à zéro pour les Anglais, quatrième point important : les arbalétriers français ne peuvent pas utiliser leurs armes, les cordes étant trop mouillées pour cela. Dernier point, les Français utilisent une technique de combat très classique plus communément appelée : « ON FONCE DANS LE TAS ON RÉFLÉCHIRA PLUS TARD », là où les Anglais sont plus intelligents : ils décident de se positionner en haut de la colline et d’enfoncer des pieux dans le sol afin de bloquer les charges françaises, ils postent par ailleurs des archers dans les bois afin d’éviter d’être pris de côté. Cette défaite de la France sonne le glas de la stratégie médiévale, stratégie qui prend définitivement fin avec l’apparition de l’artillerie et son utilisation décisive lors de la bataille de Marignan. Mais ceci est une autre histoire…

La boue, ainsi que la stratégie des Français sont des facteurs de la défaite, cela est vrai : mais pourquoi les Français ont-ils adopté cette stratégie ? N’étaient-ils pas censés connaitre le duché de Bourgogne ? Eh bien non, ils ne pouvaient pas vraiment connaitre le terrain puisque le duc de Bourgogne et bon nombre de ses vassaux étaient absents comme écrit plus haut. En tout cas, cette défaite est terrible pour la France qui perd bon nombre de ses chefs, et doit signer le traité de Troyes en 1420, s’amputant d’une grande partie de son territoire.

Maxime Griveau

Sources :

https://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/moyen-age-azincourt-1415-raisons-defaite-francaise-13006/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d%27Azincourt

Illustration :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Vigiles_du_roi_Charles_VII_57.jpg

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